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Lâcher prise… Une façon de se respecter

Dolores Lamarre

 
 
Lâcher Prise
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Je ne reviendrai pas sur l’importance du respect de soi et de l’autre, sauf pour mentionner que personnellement je fus davantage, enfant, enseignée sur le respect que je devais porter à autrui que sur celui entretenu à mon égard. Pour les personnes adhérant à cette philosophie de vie, les conséquences en découlant furent qu’il n’a pas souvent été facile de faire leurs choix en tenant compte de ce qu’elles voulaient vraiment. Elles se sont plutôt senties égoïstes ou coupables de réaliser leurs rêves ou de mettre en action des projets souhaités.

Ainsi, de multiples raisons surgissent, favorisant le mieux-être individuel de l’autre ou d’un collectif. Remettre à plus tard devient la règle. S’accumule ainsi frustrations silencieuses, sous la charge croissante d’un oubli de soi trop souvent injustifié.

C’est ainsi que la vie s’écoule à travers les cascades du quotidien, sans trop s’apercevoir que le temps file, conduisant à la porte de la retraite.

La retraite… Sujet qui fait rêver et insécurise à la fois. Pendant maintes années la fourmi laborieuse accumule ses denrées afin que l’hiver venu elle puisse manger. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui ! M. de La Fontaine avait dans ses écrits cette sagesse qui intelligemment exprimée pouvait nourrir d’une connaissance renforcée, celui qui prenait le temps de s’y arrêter.

Plusieurs ont choisi de remplir leur bas de laine dans l’espoir d’un demain confortable en toute sécurité. Mais la vie est un maître et elle enseigne par l’expérience. Cela, il a été oublié de nous le mentionner.

Le travailleur avançant vers la quarantaine se croit à l’abri dans ses horaires et responsabilités trop chargés. Il a été habitué à ignorer ses limites et à ne pas les respecter. À ne pas « se » respecter.

Comme une machine programmée à partir du disque dur de ses blessures trop souvent ignorées, il continue de performer, aveuglé par la manne tentatrice du gain à accumuler. Petit REER de plus… Quelques heures supplémentaires... Travail apporté à la maison… Insouciance marquée devant son besoin de reconnaissance et son insécurité maladive, devenue la clé de voûte déterminant ses choix.

Puis, un jour le poids de la tâche, devenu subtilement accablant, l’écrase. Que reste t-il ? Quelle décision prendre ? Ayant habitué les autres à sa capacité de rendre l’objectif demandé au centuple de celui attendu, l’employé usé commence à étouffer devant la consistante et continuelle demande. Le corps réagit. Le sommeil chute. L’estomac se cramponne. Le stress atteint peu à peu son apogée jusqu’à ce que l’angoisse meurtrière avale tout un passé, basé sur la peur de perdre… avant de le recracher, entier et non réglé.

L’enjeu est lourd de conséquences. Comment agir ?

Après tant de batailles basées sur la peur du changement, de l’inconnu et j’en passe, il est venu le moment de choisir avec discernement et conscience ce qui est mieux, pour soi. C’est ici que plusieurs basculent. N’osant se respecter, évitant d’écouter « leur petite voix », celle qui dit en premier quelle voie choisir. Encore une fois, ils chercheront à être aimés en reproduisant leurs patterns passés. L’étau se refermera sur eux, malgré leur faux combat pour une liberté illusoire et une insécurité masquée par l’ombre de la peur déguisée.

Non maître de leur vie, une fois de plus ils auront remis leur pouvoir. Trop d’entre eux y perdront leur santé, leurs relations précieuses. Cherchant à s’assurer des liens permanents, ils en détruiront un à un les fondements. Trop centrés sur leur besoin de sécurité, ils utilisent leur énergie à performer. Dans ce combat, croyant contrôler ils ne pourront jamais éviter d’être transformés.

L’énergie de vie est active et puissante. Sans cesse, elle alimente le mouvement en soi et autour de soi. La transformation est inévitable.

Lorsque l’humain centre son attention à vouloir en ralentir le processus, le résultat en découlant peut être désastreux, car en effet rien dans le combat ne se façonne ni se crée avec grâce. Au contraire, l’angoisse sera le compagnon s’abreuvant de l’énergie résiduelle à peine perceptible, jusqu’à ce que la mort du feu de la joie profonde assombrisse la voie et ferme le coeur à l’amour.

Devant un tel constat malheureux, maintes fois rencontré chez les gens venant me consulter, je ne peux qu’encourager à apprendre à lâcher prise, pour vivre mieux et en santé.

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Réalisation: Anne Colas